Enfant et travail

PRÈS DE MEDELLIN, DES MINES ARTISANALES DE CHARBON ENFONCENT LEURS GALERIES MAL ÉTANÇONNÉES JUSQU’À 350 MÈTRES DANS LE FLANC DES MONTAGNES. LA MISÈRE Y POUSSE AU TRAVAIL DE NOMBREUX JEUNES ENFANTS.POUR ÉRADIQUER DÉFINITIVEMENT CETTE COUTUME RÉGIONALE, L’OB-CE POURSUIT L’ACTION FRUCTUEUSE MENÉE AVEC LES SALÉSIENS DEPUIS 1995

MENACES DE BOYCOTT

Ils ont à peine 8 ans, et déjà ils traînent de lourds baquets de charbon tout au long de boyaux exigus, mettent le minerai en sacs ou apportent le casse-croûte. Dès 14 ans, ils piochent au fond des galeries. Ce travail harassant et dangereux leur procure un gagne-pain dérisoire de 2.000 à 5.000 pesos(0,70 à 1,75 €) par journée de 8 heures. Ils ne bénéficient, bien sûr, d’aucune protection sociale.

En 1992, cette situation dénoncée par les médias, provoque un véritable tollé. Le gouvernement du pays s’en émeut et charge son ministère de la Santé d’une enquête. En 1994, les Pères salésiens entament une action et font appel à l’OB-CE. En 1995, les deux partenaires mettent sur pied un programme „Enfants des Mines de Charbon“ (EMC) rassemblant familles minières concernées, édiles communaux, autorités départementales et ministères colombiens de la santé et de l’Energie. Son objectif consiste non seulement à « sortir » les enfants de la mine mais encore à leur apporter, ainsi qu’aux leurs, une assistance intégrale indispensable: pallier la malnutrition, apporter soins de santé et d’hygiène, parfaire la scolarisation, aider socialement et psychologiquement ces familles vivant en parias. En outre, grâce à l’ouverture d’ateliers d’apprentissage technique, ce programme offre une formation professionnelle et un accompagnement dans la recherche d’emploi ou la création de micro-entreprises.

CHANGER LES MENTALITÉS

A partir de 1997 et pour 5 ans, cette action est cofinancée par l’Union Européenne, l’OB-CE et le partenaire local et se révèle être un véritable succès. Elle sort de la mine plus de 800 garçons et vient en aide à 1.000 autres enfants et 850 familles minières. Cependant, il s’agit d’éradiquer véritable- ment la tradition du travail des enfants dans la mine et, si possible, de faire de ce programme une action pilote pour l’ensemble des régions minières de Colombie.
C’est pourquoi, après cette première expérience concluante, à la demande de l’OB-CE, l’Union Européenne a accepté de co-financer la « Consolidation du Programme des Enfants des Mines de Charbon » pour une nouvelle période de 5 ans.